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La Basilique Saint-Marc et le Campanile vus de la place Saint-Marc
La place Saint-Marc de Venise est composée d’un long quadrilatère dissymétrique et entourée de colonnades de deux étages. Les boutiques, les cafés élégants et les orchestres en plein air se succèdent sous les arcades des Procuraties. La place est notamment bordée à l’est par la basilique construite au IXe siècle (entre 829 et 832) pour inhumer les reliques de saint Marc rapatriées d’Alexandrie. L’édifice a été décoré au fil des siècles et mélange les styles byzantin, islamique, gothique et renaissance. Les dômes sont recouverts de plaques de plomb, et l’étage supérieur de la façade de la basilique est constitué d’une terrasse depuis laquelle le doge assistait aux fêtes et aux cérémonies organisées sur la place. Proche de la lagune, la place est l’une des premières à subir l’acqua alta (ou « marée haute »).
A droite le campanile de Saint-Marc. L’édifice actuel date de 1912. Il s’agit d’une copie conforme du clocher des Xe-XVe s. qui s’effondra le 14 juillet 1902 sans crier gare... Haut de 98,60 m., le campanile présente une base romane et un couronnement de style Renaissance : une chambre ajourée où se trouvent les cloches.
Sans Campanile, il n’est point de Venise. Le clou d’or roux du clocher en aiguille, lui seul fixe la sirène changeante. Il pique l’heure pour la folle oublieuse. Dés l’aube, il rive la flottante Venise au matin bleu ; et le soir, le Campanile est le mât de brocart rose et d’or à la barque amarrée pour Vénus sur la lagune. André Suarès, Voyage du Condottière
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Refaite au XVe s. après un incendie, la façade de la basilique Saint-Marc préfère la sensualité de l’Orient aux rigueurs du gothique. Le jeu de volumes souples des portails, des niches et des édicules, met en évidence les douces rotondités des coupoles.
Le premier édifice fut construit l’occasion de la translation du corps de saint-Marc (Marc, saint (mort en 67 apr. J.-C.), auteur du deuxième Évangile. Né Jean Marc)
depuis Alexandrie d’Egypte, en 828.
La basilique est à la fois merveilleuse et monstrueuse. Il ne reste pas un seul centimètre carré dépourvu de mosaïque ou de marbre, et la quantité incroyable d’oeuvres d’art quelle renferme ne possède aucune unité: certaines oeuvres d’art qu’elle renferme on été rapportées d’Orient lors des croisades, d’autres exécutées par des artistes du gothique à L’âge baroque et même au-delà.
D’allure orientale avec ses cinq coupoles et son plan byzantin en croix grecque, elle s’inspire de l’église des Saints-Apôtres de Constantinople aujourd’hui disparue.
La façade avec ses deux niveaux de cinq arcades a gardé son aspect byzantin primitif. Un couronnement gothique (XVe s.) constitue le plus important ensemble de statuaire gothique en Italie. Les grandes arcatures sont ornées de mosaïques du XVIIe s. Au-dessous se trouve la longue terrasse où se tenaient le doge, les sénateurs et les hôtes de la Sérénissime lors des grandes fêtes données sur la place. Au-dessous du portail central, les quatre copies de cuivre doré des célèbres chevaux de Saint-Marc. Les originaux sont à l’intérieur. L’étage inférieur avec cinq portails à voussures profondes donnant accès au narthex, est décoré de mosaïques du XVIIe au XIXe s. Celle de gauche est du XIIIe s.
Le portail central soutenu par quatre colonnes de marbre est constitué par trois arcs concentriques ornés de bas-reliefs aux sujets allégoriques. Les vantaux de la porte, en bronze, sont un travail byzantin du XIe s.
Le contraste est sans égal entre la façade confuse et l’ordre du vaisseau intérieur. Cinq siècles ont épuisé le luxe et le faste sur le visage de Saint-Marc, pour ne réussir qu’à un chaos de dômes, de portiques, de bulbes affrontés. [...] La façade est claire, criarde et ne paraît pas faite pour durer. Ornée de mosaïques blanches et bleues, on dirait d’une église en plâtre peint, pour le temps d’une exposition universelle, ou bien de quelque Kremlin barbare en Moscovie. Elle en a la pauvreté fastueuse, moins une porte admirable, qui semble de vieux cuir guilloché d’or, et qui annonce seule la merveille retirée derrière les vestibules André Suarès - Voyage du Condottière