Avec Pietro et Ambrogio Lorenzetti, (deux frères, l’aîné étant Pietro, sans doute morts tous les deux lors de la peste de 1348) la peinture siennoise s’est définie par rapport à l’événement figuratif le plus révolutionnaire du XIVe siècle : le style réaliste et populaire (volgare) de Giotto. Il leur revient, en effet, d’avoir pris pleine conscience de la nouvelle situation historique déterminée par celui-ci et d’en avoir ressaisi les principes en dehors de tout souci d’imitation, en échappant au concept même, fût-il élargi, d’« école de Giotto », pour arriver à créer un langage « moderne » typiquement italien, c’est-à-dire qui ne fût ni byzantin ni gothique, mais largement et immédiatement accessible et capable de refléter fidèlement les goûts particuliers des deux artistes en même temps que le patrimoine moral de la cité où ils étaient nés et où ils travaillèrent le plus.