Le Rhin - Passerelle du Jardin des Deux Rives
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Inauguré en 2004, le Jardin des Deux Rives s’étend sur plusieurs hectares et possède en son sein une passerelle qui relie la ville française Strasbourg à sa voisine allemande Kehl.
En 2002 a aussi été inauguré le pont Pfimlin à une quinzaine de km au sud du pont de l’Europe.
Le premier pont fixe sur le Rhin en aval de Brisach date de 1388. Considéré à juste titre comme un tour de force technique, bâti sur des rives mouvantes, le pont demeure fragile. Jusqu’au XVIIe siècle, il demeure le dernier pont fixe sur le Rhin en aval. Dés 1404, le tiers des arches est emporté par une crue et la ville procède périodiquement à des réparations.
Le traité de Ryswick constitue une date capitale dans l’histoire de l’Alsace. Jusque-là le Rhin ne se distinguait pas des autres fleuves ouest-européens : les territoires s’étendaient sur les deux rives (évêché de Strasbourg, possessions des Habsbourg avant 1648, compté de Hanau-Lichtenberg) et le Rhin formait un axe commercial majeur
Après l’annexion de l’Alsace, Louis XIV a le souci de réaliser la fermeture de la frontière sur le Rhin. À la fin de la guerre de la ligue d’Augsbourg (1688-1697), les traités de paix sont signés en 1697 à Ryswick, un bourg proche de la Haye. Le Rhin devient la frontière politique et juridique entre la France et l’Empire. Louis XIV restitue à l’Empereur Léopold Ier Fribourg (acquise en 1677) et Brisach (occupée depuis 1638). Il cède aussi Kehl qui, depuis le Moyen Âge, faisait partie du territoire de l ville de Strasbourg au même titre que la Robertsau. En sens inverse, l’Empereur reconnaît l’annexion de Strasbourg de 1681. La France renonce à toutes ses enclaves sur la rive droite du Rhin. Pour la première fois apparaît la doctrine du Rhin, frontière entre la France et l’Empire, alors que les rapports entre les habitants des deux rives continuent à être actifs et les mariages nombreux, favorisés souvent par la même appartenance seigneuriale.
Le premier élan de Gérard de Nerval descendu à Strasbourg à l’Hôtel du Corbeau, fut de courir vers le Rhin frontière romantique par excellence et non comme Goethe à la cathédrale. Une petite déception l’attend :
« Vous comprenez que la première idée du Parisien qui descend de voiture à Strasbourg est de demander à voir le Rhin. Mais bientôt, il apprend avec stupeur que le Rhin est encore à une lieue de la ville. Quoi ! le Rhin ne baigne pas les murs de Strasbourg, le pied de sa vieille cathédrale ? Hélas ! non. Le Rhin à Strasbourg et la mer à Bordeaux sont deux grandes erreurs du Parisien sédentaire. Mais tout moulu qu’on est du voyage, le moyen de rester une heure à Strasbourg sans avoir vu le Rhin ? Alors on traverse la moitié de la ville ... on marche longtemps encore à travers les diverses fortifications, puis on suit une chaussée d’une demi-lieue, et quand on a vu disparaître enfin derrière soi la ville toute entière, qui n’est plus indiquée à l’horizon que par le doigt de pierre de son clocher, quand on a traversé un premier bras du Rhin, large comme la Seine, et une île verte de peupliers et de bouleaux, alors on voit couler à ses pieds le grand fleuve rapide et frémissant, et portant dans ses lames grisâtres une tempête éternelle. »