|
Le Palais du Rhin
L’excès d’éclectisme et la redondance sculptée du palais sont étroitement liés au caractère d’architecture-prétexte de ce bâtiment destiné plus qu’un autre à signifier l’implantation définitive par la pierre du IIe Reich allemand dans l’Alsace reconquise; sa raison d’être résidentielle est secondaire et d’ailleurs, ni son commanditaire Guillaume Ier de Hohenzollern ni ses successeurs Frédéric III et Guillaume II n’en font grand usage.
Par la suite, les retombées de deux conflits franco-allemands successifs se sont ajoutées aux facteurs de rejets formels pour achever de faire du palais impérial le symbole le plus manifeste de l’occupation allemande.
Très menacé de destruction après 1945 il est sauvé comme partie d’un ensemble urbanistique et comme témoin d’une époque.
Le quadrilatère à trois niveaux conçu par Hermann Eggert (1883-1888) affiche une dominante renaissance avec des emprunts à l’antiquité ou au baroque.
En un siècle d’existence, le palais connaît des affectations variées dont l’installation en 1920, du siège de la Commission Centrale pour la Navigation du Rhin qui lui a donné son nom. En outre il abrite la Direction Régionale des Affaires Culturelles.
Sur l’ancienne « Kaiserplatz » aujourd’hui place de la République la statue équestre de Guillaume Ier par L. Tuaillon connaît une existence éphémère (1911-1918). Depuis 1936 elle cède la place à un monument aux morts symbolique conçu par Drivier. La mère (Strasbourg) tient ses deux fils mourants sur ses genoux, l’un regarde vers la France, l’autre vers l’Allemagne. Ils sont tombés après avoir combattu l’un contre l’autre mais, dans la mort, ils se donnent la main.
|